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jeudi 18 octobre 2012

Des grains de sel dans mon allaitement

Texte trouvé sur Aid' Allait 24 et écrit par une consultante en lactation.

Il est très bien fait et donne quelques pistes sur les pièges à éviter...:

Des grains de sel dans mon allaitement

"On a mis des grains de sel dans mon allaitement"

Durant les six mois d'allaitement préconisés par les instances de santé publique, une mère sera confrontée à un environnement truffé d'embûches que j'ai peu à peu appelé, des grains de sel.

Pourquoi?

 - Parceque lorsqu'un allaitement va mal, le lait est plus salé

 - Parceque l'expression "arrête de mettre ton grain de sel partout" convient parfaitement aux personnes qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas.

 - Parcequ'un grain de sel est comme un grain de sable: il est petit, quasi invisible, semble inoffensif, mais peut faire dérailler une machine bien huilée.

Les grains de sel sont donc des dangers potentiels pour l'allaitement, c'est à dire qu'ils vont être trés délétères pour certaines femmes et inoffensives pour d'autres, ce qui les rend trés difficile à repérer par les personnes non formées. Chaque femme allaitante avance en terrain miné. Le hasard fera que la chance sera au rendez vous ou pas.

Alors qu'est ce qu'un grain de sel ?????

1- LES PERSONNES

Le pouvoir qu'elles exercent sur la mère est lié:

     . Soit à l'affect (la famille, les amis)

     . Soit au savoir (Médecins, pharmaciens, personnel de maternité non formé)

     . Soit à l'autorité (patron, collègue, mode de garde (nounou))

Au niveau de l'affect, le père tient une place prépondérante suivi de prés par la grand-mère...

Un père soutenant est précieux, c'est une personne convaincue, concernée et informée. Vous le repérez facilement: quand on émet des doutes sur les capacités d'allaitement de sa femme, c'est lui qui répond. Il est détendu. Il emploie des mots comme "avec ma femme, on allaite..." il dort avec sa femme, le bébé est installé dans leur chambre, il est le bienvenu dans le lit conjugal pour téter. I l a pris son congé de paternité, s'occupe des tâches ménagères pour dégager du temps de repos pour sa femme.

Les pères grains de sel peuvent être soit des pères ni concernés ni informés, soit des pères trés concernés mais pas du tout informés.

     . Le premier laisse répondre sa femme quand on émet des doutes sur ses capacités. Il est détendu, emploie des termes comme "ma femme allaite et moi, je dors!", il migre trés vite dans la chambre d'amis quand sa femme installe le bébé dans leur chambre, il a pris son congés de paternité pour refaire la salle de bain, il se repose sur le canapé quand sa femme allaite en faisant ses tâches ménagères.

     . Le second acquièce quand on émet des doutes sur les capacités de sa femme. Il est stréssé. Il emploie des termes comme "ma femme allaite mais c'est hyper dur" Il dort avec sa femme, il a installé un fauteuil confortable dans la chambre du bébé pour qu'elle puisse allaiter la nuit. Il a pris son congé de paternité pour la seconder auprés du bébé et partager les tâches ménagères. Il est toujours d'accord pour donner un biberon pour dégager du temps pour sa femme.

L'expérience montre que même si sa femme se sent beaucoup plus soutenue que dans le premier cas, l'impact sur l'allaitement est plus nocif.

La grand-mère:

Génération biberon par excellence, elle a accouché dans les années 70/80. Elle n'a pas pu allaiter faute de bon lait ou n'a pas souhaité le faire pour ne pas écarter son mari. Elle a été trés rassurée par le lait industrielle préconisé par son médecin.

     . Elle peut etre la mère de l'accouchée avec tout le rapport affectif que cela implique. Elle est trés inquiète, elle trouve sa fille trés fatiguée et ne sait pas quoi faire pour l'aider.

     . Elle peut être la belle-mère et son influence sera fonction de son fils. Il est sûr  que s'il appartient à la deuxième catégorie, et qu'elle habite dans un rayon de 5 kms, l'avenir au sein de ce bébé semble trés compromis !

Les amies ont aussi, mais dans une moindre mesure, une influence sur les mères et ce dés la grossesse. Elles racontent leur propre expérience. Celles qui n'allaitent pas vont vanter les mérites du biberon. Celles qui allaitent peuvent donner des conseils "grain de sel"  qui ne sont pas fait exprés, qui n'ont eu aucun impact sur leur propre allaitement mais qui vont laminer celui de la copine.

Les grains de sel liés au savoir médical, ont un impact trés important du fait de la fonction de la personne. Ce sont des grains de sel effet "blouses blanches".

Au niveau de l'initialisation de l'allaitement, je place le personnel des maternités en première ligne. L'accouchée va être confrontée à un nombre important de personnes, de profession différentes mais le plus souvent non identifiable par la mère. Souvent détenteur d'une formation absente ou obsolète, chacun y va de son conseil,, accompagnant la mère en fonction des habitudes du service et de sa propre histoire. Là aussi, le facteur chance est indéniable.

Sur la poursuite de l'allaitement, la place la plus importante est tenue par le pédiatre. Il intervient auprés du bébé au plus tard au un mois de vie. Ce qu'il dira à la mère à ce moment là, conditionnera la poursuite de l'allaitement. Sa formation initiale exclut la physiologie de la lactation pour ne parler que des complications. Seule une formation complémentaire en allaitement (consultant en lactation IBCLC ou un DU), basée sur le volontariat pourrait permettre à tous d'acquérir les compétences nécessaires. Les mères n'ont malheureusement pas connaissance de ces lacunes, les pédiatres non plus. Ils sont par ailleurs trés sollicités par les laboratoires de lait. Ils appliquent souvent à l'allaitement ce qu'ils ont appris à l'école  "biberon" et cela constitue un énorme grain de sel !

Le médecin traitant, surtout en province, à une place privilégiée basée sur la confiance et la proximité. Même s'il est considéré comme "moins" compétent auprés des bébés que le pédiatre, il est proche et connait toute la famille ce qui lui confère une grande légitimité. Il a parfois aussi soigné la nouvelle mère depuis qu'elle est bébé. Sa formation en allaitement est quasi nulle sauf s'il a fait lui aussi, le choix de se former avec un DU ou consultant certifié IBCLC.

Le pharmacien reçoit pour ma part une mention spéciale. Il a une double casquette. Il est docteur et commerçant. Il porte une blouse blanche et le slogan " votre pharmacien vous conseille" est souvent peu adéquat en matière d'allaitement, d'autant plus que son officine regorge de nombreux objets "grains de sel" en vente libre.

Les grains de sel liés à l'autorité des personnes débutent en général vers 2 mois, 2 mois 1/2 lors de la reprise du travail. Encore trop peu de femmes connaissent leurs droits. Celles qui sont informées ont souvent peur des réactions de leurs employeurs et de leurs collègues, si elles tirent leur lait sur leur lieu de travail comme la loi les y autorise. Et puis, comment se battre lorsqu'une crèche ou une assistante maternelle refuse le lait maternel alors que les places sont si rares? C'est la précarité du travail et la pénurie des modes de garde qui font qu'une femme préfèrera sevrer son bébé plutôt que d'aller à la rencontre d'ennuis en s'obstinant à allaiter.

Certaines oseront demander l'autorisation mais en cas de refus, peu d'entre elles s'obstineront. Encore une occasion où le facteur chance intervient de façon injuste.

2 - LES COMPORTEMENTS ET L'ENVIRONNEMENT:

     Ceux du bébé:

 

     - Un bébé qui dort beaucoup est plus rassurant...

     - Un bébé qui pleure beaucoup est forcément affamé...

     - Un bébé qui se tortille à forcément mal...

     - Un bébé qui ne fait pas ses nuits est un problème....

     - Un bébé qui tète trop est inquiétant....

Il y a peu de chance que l'on perturbe un bébé qui tète 6 à 8 fois par jour avec une belle courbe de poids fait rapidement ses nuits et pleure que trés rarement.

Mais quid des petits dormeurs, des grands dormeurs, des téteurs insatiables??? Il y a de fortes chances qu'on vienne y mettre notre grain de sel.

Les comportements des adultes prisonniers de leurs habitudes posent aussi un problème: pourquoi donner des compléments systématiques? Pourquoi diversifier avant l'âge de 6 mois ? Pourquoi sevrer si la mère ne le souhaite pas? Pourquoi dire aux mères qui reprennent le travail à 2 mois et demi qu'allaiter matin et soir leur permettra de continuer à allaiter durablement ? Toutes ces conduites non fondées sont des grains de sel !

La femme enceinte ou qui allaite baigne dans un environnement qui lui laisse croire que les substituts de lait maternel sont presque équivalents au lait maternel, et qu'il est inutile qu'elle s'inquiète, tout est prévu dans le cas "ou elle ne voudrait ou ne pourrait pas allaiter son bébé".Que ce soit la télévision, dans les revues dites spécialisées, dans les livrets distribués dans les salles d'attente des cabinets médicaux, les laboratoires, les pharmacies, partout, la publicité pour les laits infantiles s'affiche, contournant la loi, en montrant exclusivement des boites de lait !

En maternité les boites roses appelées aussi boites cadeaux (empoisonnés!), continuent le travail de sape sur l'allaitement, en se prétendant toutes gentilles puisqu'elles offrent des échantillons gratuits. Elles sont remplies de publicités en tout genre et de bons de réduction favorisant l'introduction d'une alimentation diversifiée précoce empêchant les 6 mois d'allaitement exclusif et sonnant souvent le glas de l'allaitement même partiel.

3 - LES OBJETS:

Ils sont généralement préconisés par les personnes du premier chapitre pour résoudre efficacement les problèmes de comportements rencontrés dans le deuxième! Ils entrent en compétition avec la physiologie de la lactation. Ils prennent la forme d'une montre, d'une balance, d'une sucette, d'un biberon....ils semblent pourtant bien anodins.

Nous vivons avec une pendule dans la tête. Nous sommes dans une société où le temps est précieux et nous courrons aprés lui pour éviter de le perdre. Il est évident qu'il nous fallait donner des repères à une mère, un temps de tétée à un bébé avec un espacemen,t calculé et une fréquence par 24h imposée.

     . Certains se calent sur la loi immuable du biberon, toutes les 3 heures en journée avec une période de 6 h la nuit.

     . D'autres s'en offusquent et préconisent l'allaitement à la demande, dix minutes de chaque côté avec un minimum de 2h entre chaque tétée.

     . D'autres encore nous expliquent que le bébé boit 90% de sa ration en 5 minutes et qu'il est donc inutile de s'éterniser.

     . Aucun d'entre eux n'a jamais aidé une mère à regarder ce que faisait son bébé au sein, à voir s'il était efficace ou pas. Le temps passé au sein ne nous apporte aucune information. C'est un gros grain de sel trés répandu !

Dans notre souci de tout mesurer, le poids du bébé nous préoccupe au plus haut point.

     . D'abord, il "doit" perdre un peu mais pas trop...et doit ensuite remonter avec des critères propres à chaque service. Certains doivent avoir seulement amorcé une reprise, d'autres doivent avoir grossi deux jours de suite, les moins chanceux devront reprendre leur poids de naissance avant de sortir ce qui constitue un gros grain de sel vu qu'il va falloir les aider sacrément afin d'obtenir cette performance en 4 jours maxi. Les mères sont alors focalisées sur le poids de bébé et, craignat de retarder leur départ, elles demandent des biberons de lait, qu'on s'empresse de leur fournir.

     . Parfois, il faut peser le bébé avant et aprés la tétée pour voir ce qu'il a pris, sans oublier de soustraire le poids des selles ou urines éventuelles pour enfin rajouter un complément de lait artificiel selon le volume décidé par le protocole en vigueur.

     . Ces conduites indispensables pour un bébé prématuré ou malade sont inappropriées pour le nouveau-né à terme et bien portant et risquent de compromettre parfois définitivement la production adéquate de son lait.

LA SUCETTE (tétine, chuchu ou autre tototte...) trés culturellement admise, a été inventée pour assurer la succion non nutritive des bébés nourris au biberon. Dans l'allaitement, elles servent en général à calmer les pleurs du bébé que l'on fait patienter, ou à diminuer un nombre de tétées que l'on pense excessif. Elle est antinomique de l'allaitement à la demande en entrant en compétition avec la prise du sein et peut entrainer une diminution de la production lactée. Lorsqu'elle est introduite au cours du premier mois chez un bébé qui tète souvent, avec une mère qui a une petite capacité de stockage, cela aboutit à une perte de poids de bébé.

LE BIBERON:

Objet traditionnellement utilisé pour donner un complément à un bébé allaité, il pose plusieurs problèmes. Il est bien évident que lorsqu'on propose un DAL à une maman, c'est forcément pour une période transitoire et elle perçoit trés bien que le but est de s'en débarrasser au plus vite.

Le langage non verbal du biberon est beaucoup plus difficile à décoder. Il entre en concurrence avec le sein car il est un objet "normal" pour nourrir un bébé. Il existe déjà dans l'esprit de la mère comme une épée de Damoclès. Si un biberon est apporté par un soignant, la mère peut penser que son allaitement est compromis et que le soignant le sait déjà.

Si le bébé le vide rapidement, ce qui est souvent le cas, elle interprète cela comme de la faim, et pour peu qu'il s'endorme ensuite, l'association "sommeil=biberon" va s'installer dansd son esprit.

CONCLUSION

Quand on regarde cette liste non exhaustive de grain de sel, on se demande comment une femme réussit à se frayer un chemin dans ce parcours du combattant qu'est l'allaitement.

Les autorités préconisent 6 mois d'allaitement exclusifs sans donner les moyens aux femmes d'y arriver. Que d'échecs, de déceptions, de culpabilité quand elles ne réussissent pas. Et pourtant, ce n'est pas leur faute. Alors, comment se battre?

Un seul mot d'ordre : FORMATION ! médecins, pédiatres, pharmacies, PMI, ce sera long, je sais mais je sais aussi que je travaille pour mes filles et toutes les autres pour que, si elles souhaitent allaiter, leur route soit plus claire et leur lait ....moins salé !

 

Source: https://www.facebook.com/groups/212356965509721/doc/217064585038959/

Posté par SarahLine à 09:56 - Allaitement - Commentaires [0] - Permalien [#]
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